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La notion d'anneau noethérien a un rôle un peu analogue à celle de la notion de compacité en topologie dans le sens où on ramène une propriété ayant ``un caractère infini'' à une propriété ayant un caractère fini. Cette remarque prend encore plus de sens quand on s'intéresse à des anneaux munis d'une topologie ( Topologie de Zariski ). Mais nous ne nous étendrons pas et nous contenterons dans ce paragraphe de donner quelques définitions.
Définition - Proposition Soit A un anneau . A est un anneau Noethérien si il vérifie une des propriétés équivalentes suivantes:
- Tout idéal de A
est finiment engendré .
- Toute suite croissante d'idéaux de A
est stationnaire.
- Tout ensemble non vide d'idéaux de A possède un élément maximal
pour l'inclusion.
Remarque Explicitons les différents termes intervenant dans cette définition:
Définition On entend par suite croissante d'idéaux de A une suite (I ) d'idéaux de A telle que pour tout n I I . Dire que cette suite est stationnaire revient à dire qu'il existe m tel que si n m alors I =I .
Définition Si l'on considère un ensemble X constitué de sous ensembles d'un ensemble donné (désolé pour la formulation!), on peut considérer la relation ``être inclus dans'' comme un ordre partiel sur X. Un élément Y sera dit maximal pour la relation d'inclusion si pour tout élément Y de X, Y est inclus dans Y .
Démontrons maintenant la propriété.
Démonstration
- Supposons que tout idéal de A est finiment engendré
et montrons que toute suite croissante d'idéaux de A est finiment engendré. Soit (I ) une suite croissante d'idéaux de A . Chacun de ses idéaux I possède, par hypothèse, un ensemble fini de générateurs que l'on note J . Comme la suite (I ) est croissante, il en est de même de la suite (J ) . Intéressons nous à l'idéal donné par
. C'est bien un idéal de A ( Exercice! ). Et l'ensemble de ses générateurs est donné par
. Comme J est fini et que la suite (J ) est croissante, ceci implique que la suite (J ) est stationnaire. Mais donc, pour un certain n , J =J si m n et I =I si m n. La suite (I ) est bien stationnaire.
- Supposons maintenant que toute suite croissante d'idéaux de A (I
) est stationnaire. Soit un sous ensemble de l'ensemble de tous les idéaux de A. Montrons que possède un élément maximal pour l'inclusion . Pour cela construisons la suite d'idéaux de A suivante: Soit I un élément de , on pose I =I. Si I est le seul idéal de alors on cesse notre construction et I est l'élément maximal de recherché. Sinon il existe un idéal I de J dans différent de I. On pose I =I J. Supposons ainsi construits les n premiers termes de la suite I et construisons le n+1 terme. Si il n'existe pas d'idéal dans qui soit différent de I ,...,I alors on pose I =I . Sinon on choisit un idéal K de qui n'est pas égal à l'un des I ,...,I . La suite (I ) est ainsi construite par récurrence sur n. Cette suite est, par construction, croissante, et par hypothèse, stationnaire. Il existe donc n tel que I I . Cela signifie qu'au rang n, on ne peut trouver d'idéal I dans qui ne soit égal à un n premiers termes de la suite (I ) . Cela signifie aussi que tout les idéaux de sont sous ensembles de I et que I est élément maximal de , Cqfd.
- Montrons enfin la dernière implication. Supposons donc que toute famille d'idéaux de A possède un élément maximal
et montrons que tout idéal est finiment engendré. Soit I un idéal de A. Supposons que I ne soit pas finiment engendré . Alors il existe a A tel que I =I+(a) est un idéal de A contenant I mais non contenu dans I. I n'est pas non plus finiment engendré car si c'était le cas, il en serait de même de I. On construit de la même façon un idéal I =I +(b) où b est un élément de A tel que I ne soit pas contenu dans I . Par récurrence on construit une suite (I ) d'idéaux de A tel que chaque idéal I est inclu strictement dans l'idéal I . Mais la suite (I ) possède, par hypothèse, un élément maximal et est donc stationnaire. Ceci est en contradiction avec le fait qu'elle soit strictement croissante. L'idéal I est donc finiment engendré.
Proposition Un anneau principal est noethérien.
Démonstration En effet, par définition, tout idéal d'un anneau principal est principal et donc engendré par un unique élément.
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